Engrais & Fertilisants

Fertilisation Azotée du maïs-Grain

L’azote est un élément crucial dans la fertilisation du maïs. Un manque d’azote peut occasionner une baisse significative de rendement, alors qu’un excès représente un risque de contamination de l’air et de l’eau, en plus d’engager des frais inutilement. Ainsi, la surfertilisation et la sousfertilisation occasionnent toutes les deux des pertes économiques non négligeables. Cependant, en raison de la diversité des sols selon les parcelles, il en résulte de grandes variations dans leur capacité à fournir de l’azote, d’où l’importance de réaliser des analyses de sol et bien connaître les caractéristiques de chaque sol.

Les problèmes environnementaux associés à la fertilisation azotée du maïs ont, bien entendu, des répercussions sur la pollution de l’eau. Ils sont également de plus en plus liés à la pollution atmosphérique et à l’émission de gaz à effet de serre. L’azote sous forme de nitrates (NO3-) est très soluble et peut être perdu soit par dénitrification ou par lessivage. L’azote sous forme organique ainsi que l’azote ammoniacal (NH4+) sont moins mobiles mais davantage susceptibles d’être perdus par ruissellement, particulièrement s’ils ne sont pas incorporés au sol. Dans le cas des applications de surface, la forme NH4+ peut aussi se volatiliser dans l’air sous forme d’ammoniac (NH3) et réduire l’efficacité de la fertilisation.

Pour réduire les pertes d’azote dans l’environnement et les pertes économiques qui en découlent, le producteur agricole doit optimiser trois aspects de la gestion de la fertilisation azotée (minérale et organique) dans le maïs : Dose, Moment d’application et Conditions de sol. 

La dose :

Le maïs, comme d’autres cultures, prélève au mieux 50 % de l’azote des engrais minéraux appliqués. Suite à une application de 180 kg/ha d’azote minéral, 56 kg/ha (31 %) de cet engrais azoté se retrouvent sous forme organique à la suite de l’activité biologique du sol. Une importante partie de l’azote appliqué, soit 45 kg/ha (25 %), est perdue dans l’environnement. Plusieurs études ont démontré qu’au-delà du niveau de fertilisation optimale, le coefficient d’utilisation de l’azote par le maïs diminue beaucoup et le risque de pertes dans l’environnement s’accroit alors considérablement. La figure ci-dessous illustre le devenir d’un engrais azoté après son application sur une culture de maîs-grains.

Le moment d’application :

Le maïs utilise la majeure partie de l’azote à partir de 3 à 4 semaines après la levée (soit à partir du stade 8 feuilles), tel qu’illustré à la figure ci-dessous ( l’accumulation de l’azote dans la plante de l’émergence à la maturité). C’est pourquoi le fractionnement de l’azote permet de mieux synchroniser les applications avec les besoins de la culture. Selon des recherches effectuées au Québec, une année sur trois, l’apport de l’engrais azoté en bande en post-levée au stade 4 à 6 feuilles a augmenté les rendements ainsi que l’efficacité de l’utilisation de l’engrais azoté par le maïs, en comparaison avec une application à la volée lors du semis.

Conditions du Sol :

La plupart des processus de transformation de l’azote du sol et de l’engrais azoté apporté dépendent de l’activité biologique du sol. Ils sont donc très facilement affectés par les conditions climatiques et par les propriétés physico-chimiques du sol. L’efficacité de la fertilisation azotée sera meilleure si le pH est adéquat, si le sol a une bonne structure et s’il est bien drainé. Un bon égouttement du sol est également essentiel pour réduire les pertes par dénitrification. 

Chaque tonne de grains de maïs à 15 % d’humidité contient environ 15 kg d’azote. Une récolte de 8 tm/ha exporte ainsi quelques 120 kg/ha d’azote, en provenance du précédent cultural, de la minéralisation de la matière organique du sol, des engrais de ferme et de l’engrais minéral. Cependant, l’augmentation de la fertilisation azotée ne se traduit pas toujours par une augmentation de rendement. Plusieurs recherches démontrent que souvent, il n’y a aucun lien entre les rendements obtenus et les quantités d’engrais appliquées. En effet, lorsque les conditions (sol, climat) sont propices à un fort rendement, elles favorisent aussi une bonne libération de l’azote du sol (bonne minéralisation de la matière organique du sol, de l’azote résiduel, etc.). La culture s’alimente alors prioritairement de cette source.

by AgriBusiness.ma

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